Apis LaboriosaSi l’homme récupère le miel depuis 17 000 ans, les recherches sur les guêpes carnassières ancêtres de nos abeilles à fleurs, nous renvoient à près de 100 millions d’années. Voilà ce qu’a rappelé récemment Gilles Fumey, professeur de géographie culturelle à la Sorbonne.

Pour relativiser et recontextualiser les problématiques actuelles sur l’avenir des abeilles, il réaffirme que « la géographie des abeilles, telle que nous l’écrivons aujourd’hui, a moins de vingt ans. » Avant l’Apis Mellifera que nous connaissons aujourd’hui, découverte en Allemagne au milieu de l’ère tertiaire, l’abeille a subi de nombreuses mutations.

Par exemple, les variétés d’Asie du Sud-Est comme l’Apis dorsata, la « géante indienne », et Apis Florea, correspondent à des diversifications génétiques liées à des migrations dues aux refroidissements.

En Chine, l’Apis Cerena a développé une capacité à vivre en grappes et survivre en hiver dans des conditions qui seraient fatales à notre Apis Mellifera. Elles ont migré grâce à leur outil de thermorégulation. On ignore encore l’époque de séparation de ces deux « soeurs ».

Par le même procédé, les 25 Apis Mellifera se diviseront ensuite en différentes sous-espèces entre la Turquie et l’Afrique pendant un million d’années.Enfin, le genre Apis a été introduit en Amérique par l’homme au XVIe siècle.

Il est bon de replacer les choses dans leur contexte afin de mieux comprendre les origines des différentes sortes d’abeilles mais aussi de se rendre compte que le rôle de l’homme dans cette histoire est très récent. Rappelons que l’homme récupère le miel depuis 17 000 ans et pratique l’élevage d’abeille depuis 10 000 ans.

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