conopsUne équipe de scientifiques tourangelle vient de faire une découverte très intéressante. Elle a déterminé qu’une certaine espèce de mouches serait capable de tuer le frelon asiatique, ce terrible prédateur d’abeilles qui décime les colonies de manière très inquiétante. Comme la plupart des grandes découvertes, celle-ci est le fruit du hasard.

Une équipe de recherche de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (université de Tours-CNRS) travaillait depuis plusieurs mois sur la biologie du frelon asiatique. Sur une  dizaine de colonies de frelons que les scientifiques avaient sous surveillance, six ont périclité voire péri. Les chercheurs ont notamment retrouvé deux reines frelons asiatiques mortes. Ils ont donc décidé de les autopsier pour comprendre la cause de leur décès. « Dans l’une d’elle on a retrouvé une larve et dans l’autre une pupe d’une même espèce de mouche », décrit Eric Darrouzet, le responsable de ce projet de recherche. Une pupe est une sorte de coque qui protège la mouche en période de veille.

L’équipe a identifié la mouche en question, il s’agit du conops vesicularis. « Cette espèce européenne présente une particularité très intéressante, explique le chercheur. La femelle a pour coutume de pondre son œuf sur le ventre d’un autre insecte. Quand l’œuf éclot, la larve pénètre dans l’abdomen de cet insecte et dévore tous ses organes. » L’insecte meurt au bout de 13 jours. Cette mouche fait donc partie de la famille des parasitoïde.

Encore des points à éclaircir

Si l’équipe scientifique préfère encore être prudente cette aux utilisations possibles de cette mouche, cette découverte donne un nouvel espoir dans  la lutte contre le frelon asiatique. « Il nous faut vérifier maintenant une chose importante, précise Eric Darrouzet. Va-t-elle pondre sur plusieurs types d’insectes, ou uniquement sur le frelon asiatique ? » Car si le conops vesicularis s’en prend à d’autres insectes, le remède risque d’engendrer des dégâts collatéraux sur la biodiversité, ce qui ne servirait pas non plus les abeilles et l’environnement.

Et quand bien même cette mouche ne serait en mesure de parasiter que le frelon, reste à déterminer comment l’utiliser techniquement dans le cadre d’une lutte biologique contre le frelon asiatique. Autant de question qui devraient occuper l’équipe tourangelle de recherche encore quelques années, sous réserve de financement. Affaire à suivre donc.

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