Présidentielle, législatives… Le mot démocratie est dans toutes les bouches. Mais cette démocratie que les livres d’histoire font naître à Athènes au temps de l’agora, est bien plus ancienne. Plusieurs chercheurs ont prouvé, qu’une fois encore, les abeilles ont un temps d’avance sur nous. Elles prennent leurs décisions grâce à un processus démocratique, depuis des milliers d’années, voire peut-être plus : grâce à leur danse frétillante.

 

Mais qu’est-ce que la danse des abeilles ? C’est Karl Von Frisch, un zoologue allemand, qui l’a découverte en 1945. En observant des colonies d’abeilles, il a s’est rendu compte qu’elles étaient capables, au travers d’une danse, de se transmettre des informations sur une zone de butinage. Il a déterminé deux sortes de danses : la danse en rond, pour une ressource à proximité de la ruche (moins de 100 m), où l’information principale est l’odeur de la fleur à exploiter que la danseuse porte sur son corps, et la danse frétillante. 

Celle-ci est plus complexe. En frétillant dans un certain axe par rapport à la verticale, l’abeille indique aux autres la direction par rapport au soleil de la zone à explorer. Par la vitesse de son frétillement, elle indique la distance de la zone. Et par l’odeur de son corps ou des tours qu’elle fait en redescendant, elle indique la nature du butin.

La définition de l’objectif par la danse frétillante est assez précise pour que les abeilles qui ont regardé la danse puissent retrouver l’endroit où aller butiner.

Quelques années plus tard, au début des années 50, l’élève de Von Frisch, Martin Lindauer, complète cette découverte, en montrant que les abeilles utilisent aussi ce processus démocratique pour choisir leur nouveau toit. Au moment de leur migration, elles forment un essaim, puis utilisent la danse frétillante des éclaireuses, pour choisir leur nouveau nid, ou leur nouvelle ruche.

Il y a deux un autre chercheur, James Niais, a fait apparaître une autre notion : le signal stop. Il a découvert que les abeilles étaient aussi capables de prévenir les autres membres de leur colonie d’un danger. Si une danseuse indique un endroit qu’une autre abeille sait dangereux car elle y a rencontré un prédateur, qu’elle s’y est avec une abeille d’une autre colonie et a perdu ou qu’elle a senti des phéromone de stress d’une autre abeille passée avant elle, elle va interrompre la danse frétillante de l’éclaireuse. Au moment où la danseuse redescent, elle va lui donner des coups de tête en bourdonnant très fort.

En janvier dernier, Martin Silley a publié dans la revue Science, un article qui va plus loin encore. Il a découvert que le choix du nid n’est pas un choix consensuel qu’une éclaireuse indique aux autres, mais qu’il fait l’objet d’un vrai débat contradictoire. Les éclaireuses défendent le site qu’elles préfèrent en mettant plus ou moins d’énergie dans leur danse, et d’autres, pas d’accord, interviennent par des stop. Ce système permet de parvenir rapidement à une décision qui correspond au choix de la majorité des éclaireuses.

Une fois la décision prise, l’essaim procéde au chant du départ. Il fait un bruit de moteur de formule 1 qui accélère pendant près d’une demi-heure, vibre, puis s’envole.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *