La surmortalité effrayante des abeilles est en partie due aux pesticides qui inondent nos champs. Les apiculteurs et leurs instances représentatives se battent depuis plusieurs années pour faire interdire certains de ces produits tueurs d'abeilles et potentiellement dangereux pour l'homme. Dans de nombreux dossiers, leurs voix ne sont malheureusement entendues. D'après les chiffres de l'UNAF (l'Union Nationale des Apiculteurs de France), 300 000 colonies d'abeilles disparaissent en moyenne chaque année en France depuis 1995. L'UNAF et la Confédération paysanne se battent depuis 2004, sur le terrain judiciaire, contre BASF et Bayer. Les représentants apicoles et agricoles se battent pour faire reconnaître la responsabilité du pesticide Régent TS dans la surmortalité des abeilles en 2002 et 2003 (le principal composant de ce pesticide le fipronil est d'ailleurs interdit en France depuis 2004). Mais malgré des études réalisées par les laboratoires publics démontrant la dangerosité du Régent TS pour les abeilles, le tribunal a conclu a un non-lieu en première instance et en appel. La Confédération paysanne a déjà annoncé qu'elle enverrait l'affaire jusqu'en cassation. Plus récemment, en octobre dernier, l'UNAF a saisi le Conseil d'Etat, car Bruno Le Maire, Ministre de l'agriculture a refusé d'abroger l'autorisation de commercialisation du Protéus, un nouveau pesticide, également, selon l'UNAF, dangereux pour les abeilles. L'UNAF met en évidence que les études menées par le fabricant, pour prouver l'absence de méfaits du produits ne sont qu'une "supercherie". Elles n'auraient en effet été menées que sur du blé, pour trois d'entre elles, que les abeilles ne butinent pas. Et sur du colza, pour une seule, mais à l'automne, loin de l'activité apicole dense du printemps. La décision du Conseil n'est pas encore connue. Les apiculteurs se débattent au sein de la sphère judiciaire et légale pour protéger les abeilles, pollinisatrices, garantes du bon fonctionnement de notre écosystème. Les procédures sont longues pendant que la courbe de la mortalité des ouvrières, elle, ne flanche pas.