colzaSi la France a interdit l'utilisation du pesticide Cruiser sur les champs de Colza, cette fois c'est la commission européenne qui s'attaque à la précieuse question des pesticides. Elle a annoncé, jeudi 31 janvier, une série de restrictions sur trois pesticides : le Clothianidin, l'Imidacloprid et le Thiametoxam. Ces trois néonicotinoïdes, omniprésents dans l'agriculture notamment dans le Cruiser ou le Gaucho, sont suspectés par l'Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA) de participer au phénomène de mortalité des abeilles. Si les Etats membres valident cette proposition, ces trois pesticides seront interdits pendant deux ans, à partir du 1er juillet 2013, mais pas sur toutes les cultures. En effet, alors que l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) réclamait l'interdiction totale, la commission a finalement choisi de ne cibler que les cultures attractives : le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Les champs de blé ou d'orge, céréales d'hiver pourront continuer d'utiliser des néonicotinoïdes. Olivier Belval, le président de l'Unaf, s'il a reconnu là "un premier pas (...) attendu depuis une vingtaine d'années", il estime la mesure "complétement inefficace" si elle n'est pas généralisée à toutes les cultures et limitée à une si courte durée. Le représentant des apiculteurs explique que ces pesticides restent plusieurs années dans le sol. Si un champs est traité en hiver pour le blé, des résidus seront toujours présents au printemps lors de la plantation du colza ou du maïs. De plus, les plantes, en transpirant, concentrent ces substances toxiques dans les goutelettes qui perlent au bout de leurs feuilles. Les même goutelettes riches en sucre et sels minéraux, que les abeilles puisent pour boire ou ramener à la ruche. Enfin, ces substances sont volatiles et peuvent être transportés par les vents et se déposer sur des fleurs que abeilles butinent jusqu'à des kilomètres à la ronde. Mi-janvier, déjà, l'EFSA avait pointé la dangerosité de ces trois pesticides. Ils enrobent la graine avant qu'elle ne soit semée. La plante sécrète ensuite la substance toxique tout au long de son développement. Or, la dose létale de ces produits étant de quelques milliardièmes de gramme par abeille, un simple contact peut être fatal à l'insecte. Si elle reçoit l'aval des Etats membres, la Commission pourrait soumettre une proposition de règlement lors d'une prochaine réunion, le 25 février, afin que cette restriction soit applicable au 1er juillet.