La cour européenne de justice a tranché mardi 6 septembre : le miel contenant des traces, mêmes infimes, de pollen issu d'organismes génétiquement modifiés (OGM) ne peut être commercialisé sans autorisation préalable. Il doit également porter une mention spéciale pour en informer les consommateurs. Cette précaution s'applique que "l'introduction d'OGM soit volontaire ou fortuite", et "quelle que soit la proportion de matériel génétiquement modifié contenue dans le produit en cause", a précisé le tribunal. La cour européenne de justice a été sollicitée suite à la plainte d'apiculteurs allemands contre le Land de Bavière et l'américain Mosanto. Les apiculteurs leurs avaient en effet reproché d'avoir contaminé leur miel par des traces de maïs MON810 (génétiquement modifié). Cet épilogue judiciaire risque de se répercuter sur le commerce du miel. Outre l’apparition d’un "avec OGM" potentiellement dévastateur sur le plan commercial, étant donné leur mauvaise image, l'Union européenne devrait également revoir les règles d’importation en vigueur pour éviter que du miel contenant des traces même faibles d'OGM n’arrivent sur les tables des consommateurs. Rappelons que chaque année, l’Union Européenne (UE) produit 200 000 tonnes de miel et en importe 140 000 tonnes, principalement d’Argentine (où les OGM sont beaucoup plus présents qu'en Europe) et de Chine.