douaneL'abeille a un odorat exceptionnel. Jusque-là rien de neuf. Grâce à ses 170 récepteurs olfactifs, contre 79 pour sa cousine la mouche, elle a un flair hors du commun. Elle a aussi une excellente mémoire. Elle sait détecter et reconnaitre l'odeur de chaque nectar et l'associer à la fleur correspondante. Partant de ce constat, les chercheurs du laboratoire de Los Alamos aux Etats-Unis se sont posé une question simple : pourquoi ne pas utiliser les abeilles pour détecter autre chose que du nectar ? Comme par exemple des bombes. Et en faire des agents de l'agence américaine de sécurité, la TSA, qui garantiraient par exemple la sécurité dans les aéroports. En approfondissant leurs recherches, ils ont constaté qu'une abeille est capable de détecter des composés explosifs en très petite concentration dans l'air, une particule par milliard. Elles sont beaucoup plus sensible que les chiens, habituellement utilisés par TSA dans les aéroports. Ils ont donc entrainé un groupe d'abeilles à détecter des substances explosives dans l'air. Il fallait trouver un signal que les abeilles déclencheraient si elles sentent des explosifs. Or, les scientifiques ont remarqué que les abeilles sortaient leur trompe et leur langue quand on touchait leur antenne avec un coton imbibé d'un mélange sucré. Ils ont donc par répétition, la bonne vieille méthode du réflexe pavlovien, appris au groupe d'ouvrières à associer la présence de substance explosive à l'apparition de solution sucrée. Ne restait plus ensuite qu'à trouver un moyen technique pour automatiser le système. Les chercheurs ont donc créé une boite dans laquelle ils ont placé 36 abeilles. Une pompe aspire de l'air extérieur et le leur diffuse pendant six secondes. Un capteur numérique surveille tous leurs faits et gestes et compte combien d'entre elles tirent la langue. Que les personnes phobiques des abeilles se rassurent on ne verra les abeilles venir butiner nos bagages sur le tapis roulant, elles resteront enfermées dans une boite. Mais ce procédé en plus d'être efficace pourrait aussi s'avérer économique. Un essaim d'abeille étant beaucoup moins onéreux qu'un chien formé, qui lui coûte plus de 70 000 euros par an. Les scientifiques du laboratoire américain de Los Alamos imaginent déjà de multiples utilisations pour leur trouvaille : des abeilles renifleuses de produits stupéfiants comme la résine, le cannabis... On connaissait l'abeille nourrice, nettoyeuse... Voici maintenant l'abeille douanière !