Le phénomène de surmortalité des abeilles ne peut laisser personne indifférent. Chacun aurait beaucoup à perdre si ces infatigables ouvrières continuaient de disparaître : les agriculteurs, avec la diminution des rendements de certaines cultures ; le grand public, avec l’inévitable disparition des couleurs des campagnes ; et bien sûr les apiculteurs qui, pour certains, vivent de leur production. La partie visible, et sucrée, du travail des abeilles, est le miel qu’elles nous permettent de déguster, mais en récoltant nectar et pollen dans les fleurs qu’elles visitent, les abeille effectuent un travail d’une importance bien plus considérable : elles pollinisent les plantes. Autrement dit, elles permettent leur fécondation, et donc leur reproduction. Elle participe ainsi non seulement à la préservation de la biodiversité, mais aussi à une étape clé du cycle de nombreuses productions agricoles, à savoir la formation de graines. Plus de framboise ni de lavande Par exemple, sans le butinage par les abeilles, pas de production de petits fruits : framboise, mûre, cassis, groseille, myrtille, ni de lavande. 80 % des plantes à fleurs disparaîtraient ainsi en quelques temps et tant d'autres fruits et légumes. 35 % de la nourriture mondiale Des chercheurs internationaux ont conclu que 35 % de la production mondiale de nourriture serait liés aux insectes pollinisateurs. En 2000, la contribution des abeilles au PIB des Etats-Unis avait été évaluée à 15 milliards de dollars. Qui a dit que la nature ne pouvait pas servir l'économie ? Bien sûr l'abeille n'est pas le seul insecte pollinisateur. Les bourdons, guèpes, frelons, mais aussi papillons, mouches et certains coléoptères participent au phénomène ; mais l'abeille reste un insecte majeur pour la biodiversité.