Le nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, s'est prononcé, vendredi 1er juin en faveur de l'interdiction de l’utilisation du Cruiser sur le Colza. Il a pris cette décision suite au rapport  de l’Agence sanitaire de l’environnement et de l’alimentation (Anses). Ce document dénonce clairement l’impact du Cruiser, ce pesticide du groupe suisse Syngenta, sur la mortalité des abeilles. Cette étude avait été commandée fin mars par le précédent ministre, Bruno Le Maire, après la publication dans la revue Science d’une étude française attestant d’effets nuisibles du thiamethoxam, une des trois substance active du Cruiser, sur les abeilles. Dans ses conclusions, l'Anses, admet que «dans les conditions de pratiques agricoles actuelles», l’exposition des abeilles au thiamethoxam via les résidus de nectar de colza «est inférieure à la dose utilisée dans l’expérience», mais estime qu’une exposition à cette dose «ne peut être totalement exclue dans des circonstances particulières». Stéphane Le Foll a aussi décidé de saisir la commission européenne et l’autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) afin qu'elle réévalue son approbation du Cruiser. Pour l'Unaf, l'Union nationale de l’apiculture française, qui mène un combat juridique de longue date contre le Cruiser, c'est une décision importante. Ses représentants rappellent tout de même que le Cruiser est autorisé sur d’autres cultures que le Colza, comme le maïs. Ils demandent à ce que l'interdiction soit élargie à toutes les cultures et scande l'exemple de l’Italie qui interdit depuis 2008 tous les insecticides néonicotinoïdes, dont fait partie le Cruiser.