Depuis plusieurs années, et contrairement aux idées reçues, les abeilles produisent plus de miel en ville qu’en campagne, terres de plus en plus rudes pour les fragiles pollinisateurs, les responsables des villes en France et dans le monde commencent à prendre conscience du rôle qu'ils peuvent jouer dans le sauvetage de la biodiversité. « Les villes avec leurs parterres, jardinières, suspensions… se révèlent accueillantes pour les abeilles qui trouvent de moins en moins de biodiversité à la campagne », déclarait il y a peu Paul Schweitzer, directeur du laboratoire d’analyses et d’écologie apicole du Centre d’études techniques apicoles de Moselle-Lorraine. En effet, en campagne, les monocultures, les pesticides, les frelons d’Asie (sur lesquels je reviendrai plus particulièrement dans un prochain article), mènent la vie dure aux abeilles. En France, la production de miel est passée de 32 000 tonnes par an il y a quelques années à seulement 20000 tonnes aujourd’hui. Des ruches jusque sur le Grand Palais ! L’urgence est de mise et toutes les solutions sont les bienvenues. Les villes décident de prendre leurs responsabilités : « de plus en plus de villes décident d’accueillir des ruches dans leur quartier », affirme Paul Schweitzer. Des villes comme Nantes, Lille ou Besançon ont été dans les premières à lancer ces démarches. « Maintenant, à Paris, Metz, Marseille ou Montauban les productions de miel dépassent celles des campagnes », compte le directeur du laboratoire. On trouve des ruches jusque sur le toit du Grand Palais, à Paris ! L’apiculture vient même d’être légalisée au cœur de la ville de New-York. Un acte militant et pédagogique La ville d’Aubervilliers est un bon exemple de cette extension de l’apiculture vers les villes. L’UNAF, l’Union nationale des apiculteurs français, y a installé six ruches pour un montant de 32 000 € qu’elle s’engage à entretenir. Pour Henri Clément, le président de l’UNAF, c’est un « acte militant et pédagogique ». En effet, tous les habitants seront invités à participer à la récolte du miel et un partenariat avec les écoles permettra de sensibiliser les plus jeunes à l’intérêt et l’indispensabilité des abeilles. Si les efforts doivent se poursuivre en faveur de la biodiversité dans les campagnes, la piste des villes doit être étudiée, explorée et exploitée à la mesure de ses possibilités.