Le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire a déposé un projet d'arrêté visant à faire cohabiter cultures OGM et non-transgéniques avec des précautions minimes. Les associations d'apiculteurs et d'agriculteurs bio lèvent la voix pour le dénoncer et protéger les abeilles. Petit rappel des faits En 2008, le gouvernement avait décidé la mise ne place d'un moratoire sur la culture du maïs transgénique de Monsanto. Mais les entreprises pratiquant ces cultures ne s'en sont pas contenté. Elles ont poursuivi leur bataille juridique, un cran plus haut. En septembre 2011, le Cour de justice de l'Union européenne a jugé mal fondée ce moratoire. Le 28 novembre, le conseil d'Etat a annulé cette décision gouvernementale : le maïs transgénique pouvait à nouveau être cultivé en France. Le gouvernement s'est alors tourné vers le Haut conseil des biotechnologies afin qu'il définisse comment organiser la coexistence entre cultures transgéniques et cultures non-transgéniques, et d'éviter ses nuisances. Réponse du conseil : c'est possible mais sous de nombreuses et complexes conditions et précautions. Le 30 janvier dernier, Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture, a déposé un projet d'arrêté définissant un cadre à la mise en culture des OGM : un cadre dans lequel les précautions précaunisées par le conseil se trouvent réduites au minimum. Vive réaction des associations "Si ce projet était définitivement adopté, il signerait l'arrêt de mort de l'apiculture française, de l'agriculture biologique et des semences paysannes. Nous dénonçons ces mesures en faveur d'une coexistence qui signifie la fin des filières agricoles et apicoles de qualité, cohérentes avec un développement soutenable. Nous dénonçons le double-langage du gouvernement : d'un côté, il n'a de cesse de répéter qu'il adoptera un moratoire et de l'autre, il prépare en sous main la culture hégémonique du MON810", déclarent dans un communiqué de presse commun l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), la Confédération paysanne, la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), France Nature Environnement (FNE) et les Amis de la Terre. Ces associations demandent "le retrait de ce projet de texte et l'application de la loi sur les OGM que le gouvernement a lui-même fait voter en 2008. La mise en œuvre de la loi passe par l'interdiction de la culture des OGM dans toute zone à proximité de ruchers, de cultures bios et de maïs population". Un espoir réside. En parallèle de , Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'environnement, a promis une mesure visant à interdire les cultures OGM avant la fin du mois. Elle pourrait s'appuyer sur un autre jugement de la Cour de justice de l'union européenne de septembre 2011, qui reconnait les méfaits des OGM sur les abeilles.