Lundi, à l'occasion d'une réunion des ministres européens de l'agriculture, la Commission européenne a annoncé qu'elle lancera, avant la fin de l'année 2011, un programme européen de surveillance de la mortalité des abeilles dans l'Union Européenne. Le premier objectif de ce programme sera de mieux évaluer l'étendue de ce phénomène et de l'expliquer. Si ce n'est bien sûr là qu'une première étape vers l'action, il s'agit déjà d'une forte reconnaissance du problème au niveau européen. "La mortalité des abeilles est un problème mondial", a affirmé John Dalli, le commissaire européen en charge de la santé. Bruxelles désignera également un laboratoire de référence de l'UE pour la santé des abeilles, qui devrait être opérationnel d'ici avril 2011, pour mieux analyser la question. Il faut "analyser davantage en profondeur la situation", car "l'origine du problème n'a toujours pas été identifiée", a expliqué M. John Dalli. En effet, des recherches de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2009, avaient identifié plusieurs pistes pour expliquer le déclin de la population des abeilles. Outre les maladies et parasites des abeilles et l'empoisonnement par les pesticides, l'EFSA avait cité l'impact possible des cultures génétiquement modifiées et le stress induit par des changements dans l'alimentation et les conditions climatiques. Des études ont également mis en évidence que les abeilles qui ont accès à un mélange de pollens de différentes plantes sont en meilleure santé que celles qui se nourrissent d'un seul type de pollen. Enfin, des mesures concrètes de lutte contre la mortalité des abeilles pourraient être inclues dans une législation sur la santé animale prévue pour début 2012. Aujourd'hui, l'UE compte 700 000 apiculteurs, dont seulement 3% de professionnels (plus de 150 ruches), et 200 000 tonnes de miel produit par an.